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FIC 2021 : une cybersécurité coopérative et collaborative, tournée vers l’Europe

septembre 2021 par Emmanuelle Lamandé

Après plusieurs reports et 20 mois d’attente, l’écosystème cyber européen s’est enfin retrouvé à Lille les 7, 8 et 9 septembre pour la 13ème édition du Forum International de la Cybersécurité (FIC). Cet événement, qui a accueilli plus de 10 000 visiteurs et 450 exposants, a permis d’échanger sur les bonnes pratiques d’un secteur mis en lumière par la récente crise sanitaire, mais aussi de rappeler l’importance d’une cybersécurité coopérative et collaborative, au niveau européen.

« Ce que j’ai à vous dire tient en 5 lettres : ENFIN ! », souligne le Général d’armée (2S) Marc Watin-Augouard, fondateur du Forum International de la Cybersécurité, en ouverture de la 13ème édition du FIC. «  L’humain est un animal social. Cet évènement permet aujourd’hui de déconfiner les esprits. »

Pendant la crise sanitaire, le numérique s’est définitivement imposé dans les vies quotidiennes : fruit d’un mouvement entamé depuis quelque temps, les usages et applications numériques ont permis de se soigner, de s’éduquer, de rester en contact et de maintenir l’économie. Qu’aurions-nous fait d’ailleurs pendant cette crise sanitaire sans numérique, et sans télétravail ? Toutefois, si le numérique irrigue désormais l’ensemble de nos vies personnelles et professionnelles, il élargit aussi la surface exposée et les potentielles attaques. C’est pourquoi la création d’un numérique sûr et de confiance demeure la condition sine qua non d’une transformation numérique efficace. C’est aussi un enjeu de puissance, où une Europe forte et indépendante doit se faire entendre. C’est enfin un territoire à apprivoiser, qui doit être le reflet des valeurs européennes, loin de modèles extérieurs imposés.

Pour une cybersécurité coopérative et collaborative

Beaucoup d’entreprises ont été victimes de cyberattaques l’an passé, et certaines d’entre elles ont dû mettre la clé sous la porte, constate Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France. Pour lui, la prochaine pandémie à laquelle nous devrons faire face sera cyber et sera répétitive. Mais que se passera-t-il quand cette pandémie arrivera ? Aussi est-il essentiel de protéger sans attendre l’ensemble des acteurs, de permettre à chacun d’entre eux de prendre en main sa propre cybersécurité, et de développer les partenariats de confiance nécessaires à de telles ambitions. Cette collaboration doit se faire à tous les niveaux : régional, national, européen et international. Le réseau de Campus Cyber, initié récemment à l’échelle nationale mais aussi régionale, s’inscrit pleinement dans cette démarche. La région Hauts-de-France annonce en ce sens à l’occasion du FIC la création du Campus Cyber Lille Hauts-de-France, en partenariat avec la Métropole Européenne de Lille (MEL). Ce projet, préconfiguré par le CITC, verra le jour l’an prochain et réunira dans les locaux d’Euratechnologies les principaux acteurs du domaine autour d’un objectif commun : bâtir le centre de gravité de la cybersécurité des Hauts-de-France.

Les cybermenaces représentent, en effet, un fléau galopant sur lequel nous devons intervenir, souligne également Jean-Noël de Galzain, Président d’Hexatrust. L’impact des cyberattaques représente aujourd’hui financièrement près d’1% du PIB mondial. Face à ce constat, nous ne pouvons rester sans agir, mais plusieurs questions se posent actuellement. Avons-nous vraiment les moyens de lutter et de protéger le cyberespace ? Y a-t-il une autre voie que la politique des GAFAM ? Etc.
Heureusement, ce sujet est désormais pris en compte au plus haut niveau de l’État ; la stratégie nationale pour la cybersécurité, annoncée le 18 février 2021 par le Président de la République, Emmanuel Macron, en témoigne. Pour rappel, cette stratégie, qui entend faire de la France un acteur de rang mondial en la matière, se décline en cinq axes :
- Le développement d’une offre souveraine en cybersécurité via le soutien à la R&D ;
- Le soutien à la demande (sécurisation des infrastructures publiques et privées au moyen de solutions souveraines) ;
- La structuration de l’écosystème, notamment au travers du Campus Cyber ;
- Le développement de l’offre de formation ;
- Le soutien en fond propre.

Pour atteindre cette « souveraineté », l’une des problématiques identifiées dans l’écosystème français reste le difficile accès des plus petites entreprises de la cybersécurité aux commandes des acteurs publics ou à celles des grands utilisateurs privés de cyber. Face à ce constat et pour répondre à cette problématique, une « Journée Autonomie et souveraineté numérique » sera organisée le 27 septembre prochain à Bercy, avec pour objectif de mieux faire connaître l’offre souveraine en cybersécurité auprès des grands donneurs d’ordres publics et privés.
Outre ces actions, il sera également essentiel, pour Jean-Noël de Galzain, de poursuivre le travail réglementaire, d’harmoniser la certification au niveau européen, de développer une autonomie industrielle, de faire grandir nos start-ups et nos scale-ups, et de continuer à structurer le marché de la cybersécurité.

De son côté, la gendarmerie nationale œuvre également sans relâche pour garantir dans le cyberespace la sécurité des personnes et des biens, conseiller et veiller au respect des lois et des libertés fondamentales, explique le général d’armée Christian Rodriguez, Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN). Pour lutter contre « des adversaires sans frontières et ayant un sentiment d’impunité », il a indiqué avoir décidé la création d’un commandement de la gendarmerie pour le cyberespace, le ComCyberGend, confié au général de division Marc Boget, afin de répondre efficacement à cette priorité de la gendarmerie. Le nombre de cyber enquêteurs passera, quant à lui, de 7 000 à 10 000 en 2022 ; des réservistes cyber viendront renforcer le dispositif.

28 recommandations pour une ambition : faire de l’Europe une puissance numérique

Cette 13ème édition du FIC a également souligné une fois encore l’absolue nécessité d’une collaboration européenne plus forte, comme en témoigne la mobilisation des institutions et des États européens. « Le thème du FIC cette année - Pour une cybersécurité coopérative et collaborative - n’est pas un vœu pieux. Nous ne pourrons relever le défi qu’ensemble », a précisé Guillaume Tissier, directeur associé chez Avisa Partners.

L’Agora du FIC, think-tank dédié aux enjeux de sécurité et de confiance numérique, a d’ailleurs publié à cette occasion un Livre blanc intitulé « Faire de la cybersécurité la clé de voûte de la souveraineté numérique européenne ». Objectif : préparer la Présidence française de l’UE qui s’ouvre en janvier 2022 en apportant 28 propositions couvrant les champs réglementaires, diplomatiques, industriels et technologiques. Les 28 recommandations formulées dans le livre blanc, articulées autour de 6 domaines clefs, répondent à une seule et même ambition : accélérer la construction d’une Europe de la cybersécurité. Celles-ci touchent aussi bien à des sujets très concrets, comme la régulation du marché des vulnérabilités 0-days, zone grise du cyberespace, à l’origine d’une instabilité permanente, ou la lutte contre les ransomwares avec la création d’un parquet européen sur le modèle du parquet financier, permettant de toucher les attaquants à la racine : la motivation financière. D’autres thématiques responsabilisent la filière industrielle, en exigeant de penser et d’intégrer la sécurité « by design », c’est-à-dire dès la conception des logiciels, ou exigent une politique publique forte. C’est l’enjeu du « Buy Digital European Act », activant le levier de la commande publique pour stimuler la filière.

La cybersécurité européenne doit être à l’image de la « tortue romaine »

Pour le Général Marc Watin-Augouard, co-auteur de ce livre blanc, «  la cybersécurité européenne doit être à l’image de la « tortue romaine ». Chaque État membre est porteur de boucliers qui le protège et contribue à la cybersécurité commune. L’Europe doit tisser les liens, créer le liant, donner une cohérence à l’ensemble ».

« Ce livre blanc ouvre la séquence de la Présidence française de l’UE, qui débutera en janvier 2022. Il s’inscrit dans la suite logique de la présidence slovène qui prend fin : faire de l’Union européenne une puissance numérique ! La société numérique de demain ne pourra s’appuyer que sur des technologies et des infrastructures maîtrisées, souveraines, à la fois illustrations concrètes de la puissance stratégique de l’UE et miroirs d’un système de valeurs partagés, ouvert et protecteur des citoyens », complète Guillaume Tissier, co-auteur de ce livre blanc.

Rendez-vous à Lille du 7 au 9 juin 2022

Autant de sujets qui seront également abordés lors de la prochaine édition du FIC, qui aura lieu à Lille du 7 au 9 juin 2022 autour du thème « Shaping European Future ». Le FIC lancera enfin prochainement inCyber, une plateforme d’information et d’échange de la communauté, visant à continuer à progresser ensemble et à maintenir le lien toute l’année.


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